lâcher-prise sur la charge mentale

La charge mentale s’explique comme un surmenage dû principalement à l’organisation de la vie de famille. Depuis plusieurs années, nous entendons beaucoup parler de « charge mentale » comme terme décrivant le quotidien des familles (pas toutes et heureusement). La BD « Fallait demander » de la dessinatrice Emma explique bien le concept, je vous invite à la lire. 😉 Beaucoup de couples se déchirent, avec en cause la répartition des tâches, mais d’où vient ce mal-être ? Quelles sont les solutions pour se reprendre en main et lâcher-prise ?

Cherchons du côté de l’éducation

Stress, fatigue, insomnie ou encore maux de tête, voilà les principaux symptômes de cet épuisement appelé « charge mentale » par les sociologues. C’est le résultat d’une bouillabaisse de pensées en accumulation dans une cocotte minute en ébullition (aïe le cerveau). Vous imaginez bien, qu’à un moment donné, la pression sera trop forte. Et, si elle ne s’évacue pas petit à petit, ça explosera…

En regardant de plus près dans notre éducation, il se trouve que la petite fille aide sa mère assez rapidement alors que le garçon vaque à ses loisirs avec son père. Encore une fois, c’est ce qui apparaît souvent dans les familles lambda. Cela évolue, mais pas encore assez.

À l’époque, la maman devait gérer la petite maisonnée pendant que le papa allait travailler pour ramener un salaire. Mais, ça, c’était avant. La jeune fille prenait donc exemple, et bichonnait ses frères et sœurs : elle concoctait des bons petits plats pour toute la tablée, s’occupait des plus jeune et pour elle cela était normal.

Du côté des hommes, c’était plutôt la femme à la maison, celle qui s’occupe de la gestion logistique, parce qu’elle le fait mieux que tout le monde. Alors comme ça, ça paraît très flatteur, mais un homme qui dit ça aujourd’hui, c’est un gros macho.

Malheureusement, nous les femmes (pour la plupart), inconsciemment, nous voulons tout diriger pour que ce soit fait du mieux que possible, et de ce fait, même si monsieur veut mettre la main à la pâte, cela ne nous satisfera jamais. N’est-ce pas ?

Nous aimerions vraiment pouvoir faire confiance à notre moitié, mais cela n’est pas dans nos gènes ( je ne parle pas de fidélité rassurez-vous ! 😅).

Je ne sais pas pour vous, mais moi j’ai personnellement beaucoup de mal à demander de l’aide, déjà du fait de ma fierté (il va me prendre pour une quiche si je lui dis que je n’arrive pas à faire plusieurs choses en même temps : on est d’accord que c’est juste dans ma tête), ainsi que par appréhension de l’état dans lequel je vais retrouver la chose (esthétiquement parlant).

Oui, parce qu’en général les hommes n’ont pas la même exigence que nous les femmes concernant la propreté de la maison, la gestion des repas, le choix de la tenue des enfants, etc. Je ne suis pas la seule je pense.

Pour eux, c’est nickel, mais nous la gente féminine nous verrons toujours la toile d’araignée en haut, les miettes entre deux meubles, la vaisselle à finir de laver ou à ranger, et les possibles tenues assorties harmonieusement pour nos bambins.

Mais, est-ce si important ?

La charge mentale et la communication

L’homme est donc habitué en quelques sorte à vaquer à ses occupations pendant que nous gérons le quotidien. Le problème, c’est qu’il ne voit pas les petites choses qu’il pourrait apporter pour soulager tout ça. Il se dit « elle gère », et intérieurement nous crions « bouge-toi ! ». C’est un cercle vicieux qui s’est créé ici, et pour s’en sortir il ne faut qu’une seule chose : la communication.

Il se peut que cela devienne compliqué pour la femme qui devient maman pour la première fois. Elle veut tellement gérer la situation et s’occuper du mieux qu’elle peut de son nouveau-né, qu’à ce moment-là, elle est persuadée qu’elle y arrivera. D’autant plus qu’elle est en congé maternité, donc elle n’a que ça à faire (ce qu’elle pense). À partir du moment où il y a un enfant ou plus, ce quotidien la rattrapera, surtout si elle a repris le travail.

C’est à cet instant que madame doit parler à monsieur et lui demander de l’aide. Sinon ce sera compliqué par la suite.

Quant à l’homme, il se dit qu’elle est une fonceuse, qu’elle est extraordinaire, et que ce rôle lui va à merveille, donc autant la laisser s’épanouir pour le moment. Et puis, si ça n’allait pas, elle le dirait, non ?

Vous voyez un peu la difficulté ? Vous devez parler mesdames, vous devez quémander de l’aide et dire à votre mari ou à votre conjoint que vous avez de la peine à tout articuler en ce moment, et que vous seriez heureuse de son soutien. Un couple moderne doit avancer ensemble en se serrant les coudes.

Déléguons quelques tâches, et même si le pyjama de bébé est mal attaché (ça peut arriver !), ou si le ménage est fait de travers, ce n’est pas grave ! Tant que le bout de chou est couvert et qu’on voit le sol, tout va bien. Enfin, c’est ce que je commence à faire et ça fait du bien.

Mes filles ont 4 et 6 ans, et avant je n’osais pas demander quoi que ce soit, persuadée d’y arriver. Puis, avec le travail à temps plein, une construction de maison et une formation à distance à côté, le quotidien m’a sauté au visage. La cocotte a débordé…

Maintenant j’ai un assistant qui exécute les corvées à ma place. 😂 Mon conjoint m’aide un peu plus chaque jour. Et je me sens mieux.

La gestion et le lâcher-prise

Il faut d’abord oublier ces mauvaises habitudes qui nous mènent la vie dure. Non, nous ne pouvons pas tout contrôler nous-même.

Il faut penser :

  • au prochain menu,
  • à la liste de course,
  • à faire les bains des filles,
  • à faire les devoirs avec la plus grande en rentrant le soir,
  • à prendre le rdv au garage auto,
  • à faire un peu de ménage,
  • à commencer les cartons,
  • etc.

Trop de choses pour une seule âme. Nous sommes deux, donc autant se partager tout ça. Débarrassons-nous de ces contraintes en les répartissant et la charge s’amenuisera. Reprenons des moments à deux, à partager ensemble des films, des séries et des sorties. Et, si enfants il y a, trouvons un mode de garde pour avoir ces petits instants à deux.

Avant je gardais tellement tout en moi, que je commençais à avoir du ressentiment vis-à-vis de mon conjoint. Je me persuadais qu’il ne voulait pas m’aider, qu’il se complaisait dans sa flemme. En même temps, en y repensant, c’est aussi de ma faute. Certes, il ne faisait rien pour alléger mon quotidien, il ne prenait aucune initiative concernant la gestion de la maison ; mais moi je ne lui avais pas dit dans quel état de mal-être j’étais à tout organiser toute seule. Comment pouvait-il savoir ?

Avant je mettais du linge dans l’escalier après l’avoir étendu, détendu et plié. Parfois la pile restait à la même place pendant plusieurs jours. Disons que si je ne lui avais pas demandé de le monter, il serait encore là. Les petites choses qui nous paraissent tellement évidentes le sont beaucoup moins pour ces messieurs.

Maintenant que j’ai décidé de lâcher du lest, je le laisse prendre en main ces quelques tâches. Et je prends du temps pour moi. La maison est moins bien tenue, mais tant que le sol est visible ça me va (j’exagère 😉 ). Disons qu’avant je faisais le ménage au moins une fois par semaine.

Désormais monsieur passe un coup d’aspirateur de temps en temps et le balai vapeur attendra. Les repas ne sont pas prêts pile à l’heure (pour les filles, j’étais assez stricte), mais ce n’est pas important tant qu’on ne mange pas trop tard et qu’elles sont couchées avant une certaine heure.

Je relâche. J’équilibre petit à petit ma vie. Je me sens moins tendue et mon conjoint est ravi de contribuer à ce quotidien. Il fait tout seul le pain (meilleur que le mien au passage), il cuisine de plus en plus, c’est vraiment relaxant. Et, ces moments de détente font un bien fou pour le moral. Je suis également plus détendue dans ma vie de famille : j’ai le temps de me « poser » dans le canapé. Alors communiquez davantage, oubliez cette charge mentale et prenez du temps pour vous, et vivez sereinement !

Essayez, vous verrez ! 🙂